Vous êtes bien sur Islam actuel. Notre ancienne adresse, islamactuel.org, nous a échappé ; nous œuvrons à la retrouver. En attendant, islamactuel.eu est notre adresse officielle.

Islam actuel : des clés pour dépolluer son regard sur le monde, pour explorer l’universalité et l’actualité de l’islam
Islam actuel

Al-salâm ‘alaykum ! Que la paix soit sur vous !

Bienvenue. Comprendre l’islam est aujourd’hui difficile devant l’hypermédiatisation des interprétations hasardeuses, individualistes et extrémistes. Pourtant, l’envie de le comprendre de façon objective, simple, globale, actuelle et universelle anime de plus en plus de femmes et d’hommes, de jeunes et de vieux, parmi les musulmans et les personnes d’autres religions et philosophies de vie.

L’institut de formation et de recherche Islam actuel explore l’universalité et l’actualité du Coran et de l’islam. Il vise à donner à chacun l’occasion de contribuer à un monde meilleur, grâce à une compréhension méthodique de l’islam et du monde : articles, synthèses de livres, traductions, vidéos, podcasts, rencontres publiques, universités d’été et formations.

En savoir plus sur notre approche →

الله

Islam actuel en bref

L’institut fait découvrir la voie vers la sagesse universelle à laquelle le Coran invite la famille humaine : une personne et une civilisation capables de jouir des belles choses de la vie tout en cultivant la vertu et la justice. Mais y a-t-il quelqu’un pour ouvrir son cœur et son intelligence sur cette sagesse et tenter de la vivre ?

62 : 2 · Coran

هُوَ الَّذِي بَعَثَ فِي الْأُمِّيِّينَ رَسُولًا مِّنْهُمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ

« C’est Lui qui a envoyé aux gens sans Écriture un messager issu d’eux, pour leur réciter Ses signes, les purifier et leur enseigner le Livre et la Sagesse. »

2 : 60 · Coran

كُلُوا وَاشْرَبُوا مِن رِّزْقِ اللَّهِ وَلَا تَعْثَوْا فِي الْأَرْضِ مُفْسِدِينَ

« Mangez et buvez de ce que Dieu vous a attribué, et ne semez pas la corruption sur terre. »

54 : 17 · Coran

وَلَقَدْ يَسَّرْنَا الْقُرْآنَ لِلذِّكْرِ فَهَلْ مِن مُّدَّكِرٍ

« Nous avons rendu le Coran facile pour la réflexion. Y a-t-il quelqu’un pour y réfléchir ? »

Dernières rencontres

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À propos

Un institut pour explorer l’actualité et l’universalité de l’islam

Notre approche

Former une personne complète

L’institut accueille chacun dans sa différence et son originalité et rappelle qu’à l’origine, nous avons un Dieu commun, nous faisons partie d’une même famille humaine, nous avons une sagesse commune à réaliser dans notre vie.

Il vise à former une personne complète et équilibrée, animée du désir de plaire à Dieu, d’une quête de justice et de vérité, de courage et de bienveillance, du désir de servir le Bien commun. Ici, la formation est plus qu’une information : un chemin pour grandir et contribuer à rendre son monde meilleur, qui repose sur deux piliers : comprendre le monde, et faire marcher le Coran dans la vie personnelle et collective.

1. Comprendre le monde

Comprendre Dieu, l’Homme, la nature, le sens de l’Histoire, les défis communs. Cela passe par la lecture des grands textes (pas par le fast-food intellectuel des vidéos de 2 minutes), par des pairs qui s’encouragent et des personnes plus expérimentées que soi. La connaissance doit être utile, mais aussi juste, éthique, au service du Bien commun.

2. Faire marcher le Coran

La formation se vit dans les relations : un repas, une discussion, un art, un sport, un conseil, un conflit à traiter, un projet à mener. Pas de spiritualité ni d’épanouissement sans engagement concret : don de soi, fraternité, bienveillance, esprit critique et justice.

Interrogée sur la vie quotidienne de son mari, le prophète Muhammad ﷺ, Aïcha رضي الله عنها a répondu :

Il est à l’image d’un Coran en marche.

كَانَ قُرْآنًا يَمْشِي عَلَى الْأَرْضِ

Notre nom : Islam actuel
Notre nom

« Islam actuel » : le sens que nous avons choisi

Deux images bloquent l’imagination : l’islam du radicalisme et du terrorisme chez une partie de la société, l’islam des béni-oui-oui, conformistes à la modernité et soumis au pouvoir, chez une partie des musulmans. Comme si l’islam ne pouvait avoir aujourd’hui qu’une réalité négative.

Choisir un nom, c’est choisir une direction. Le mot « actuel » dit que l’islam est toujours d’actualité, quels que soient les contextes et les époques : une voie universelle qui prend en compte la diversité des cultures, une Annonce (Bushrâ) et une Invitation (Da’wah) pour tous à jouir des belles choses de la vie, à exercer sa raison, à résister à l’injustice et à rendre le monde meilleur.

L’islam doit-il « s’adapter » à tout ?

Chaque époque a ses modes, ses idoles, ses folies. Du temps de l’Europe nazie ou de la France coloniale, il ne fallait pas s’adapter à l’ordre dominant. Face à la crise écologique et aux injustices mondiales, peut-on simplement s’intégrer, trouver un job, manger bio et se développer dans son petit coin ? L’animal s’adapte pour survivre ; l’Homme évalue, critique, résiste et transforme son environnement. L’islam n’est jamais le perroquet d’une époque.

  • L’islam est toujours actuel, car aucune époque ne doit être considérée comme un dieu infaillible.
  • Il est toujours critique : envers le passé et le présent, envers les « Nous » et les « Autres ».
  • Il a quelque chose d’essentiel à dire aujourd’hui comme hier.

Animer Islam actuel, c’est diffuser de la joie et former une intelligence collective critique, animée du sens de la sagesse et de la justice : la meilleure chose que nous proposons d’offrir à notre monde moderne.

Notre philosophie

Affronter la crise de la relation Homme-Dieu-Nature

Avant d’être financière, politique ou sanitaire, la crise la plus profonde de notre époque est une crise de la relation Homme-Dieu-Nature. Le progrès comme l’individualisme ont montré leurs limites : la Terre est le miroir de nos sentiments, de nos idées et de nos actes (cf. Coran 30 : 41).

Reconnaître que Dieu est la Réalité, c’est accepter de vivre sur Terre comme dans une Maison commune, où chacun collabore avec chacun, s’encourage à faire le bien et à résister à l’injustice. L’islam est une invitation universelle à bâtir ensemble un monde plus juste, où chacun peut goûter à une part de Paradis sur Terre tout en assurant sa réussite dans la vie dernière.

Notre philosophie : bâtir ensemble un monde plus juste
Une oasis pour le grand voyage intérieur

Une oasis pour faire le grand voyage intérieur

« Il faut avoir le bac, réussir sa carrière, s’épanouir… » À l’école et à l’université, on se spécialise pour réussir, sans s’interroger sur le sens de la vie. L’institut accompagne étudiants et jeunes professionnels : à quoi je sers ? Que puis-je faire pour devenir meilleur et rendre le monde meilleur ? Qu’est-ce que Dieu attend de nous ?

Une Oasis spirituelle et intellectuelle pour faire une pause, reprendre des forces et repartir dans le désert de la vie avec un cœur plus pur, un discernement plus juste, une volonté plus ferme.

L’étudiant musulman

L’étudiant musulman que nous voulons former…

  1. 1

    L’étudiant a une attention dispersée.
    Nous l’aidons à se focaliser sur l’essentiel.

  2. 2

    Il a du mal à faire des liens entre le Coran et sa spécialité universitaire. Nous l’aidons à comprendre l’actualité de l’islam et à former une pensée à partir des concepts du Coran.

  3. 3

    Il a du mal à exercer son esprit critique vis-à-vis des théories et concepts appris à l’université. Nous l’aidons à faire du Coran une source pour former son jugement critique.

  4. 4

    Il a du mal à s’engager, à persévérer, à être déterminé. Nous l’aidons à faire de sa vie un engagement durable.

  5. 5

    Il ne sait pas toujours pour quoi s’engager. Nous l’aidons à développer le sens du Bien commun.

Notre équipe

Un institut pour explorer l’actualité et l’universalité de l’islam

Mohamed
Mohamed
Fondateur, directeur
Amani
Amani
Événements
Thomas
Thomas
Éditeur
Zineb
Zineb
Web, design
Johanna
Johanna
Communication
Camille
Camille
Podcast
Abdelhafid
Abdelhafid
Événements
Meher
Meher
Événements
Hibba
Hibba
Communication

Informations pratiques

L’institut Islam actuel est une association à but non lucratif. C’est un institut nomade dont les formations se font en partie chez son réseau de partenaires. Il se cherche un lieu, un local, pour remplir sa fonction d’Oasis spirituelle et intellectuelle au cœur de Paris.

L’équipe se compose de personnes engagées bénévolement, en Île-de-France, et s’appuie sur un réseau de contributeurs en France, au Maghreb, aux États-Unis d’Amérique et en Malaisie.

Une équipe en construction

Nous cherchons des personnes sérieuses, dynamiques et autonomes pour lire, synthétiser, mener des recherches thématiques, diffuser, animer les réseaux sociaux, collecter des dons… Bienvenue à vous !

Rejoindre l’équipe
Notre écosystème

Affronter la complexité du monde en écosystème

Aucune personne, institution ou société ne peut s’auto-suffire pour comprendre le monde et le rendre meilleur.

L’institut développe sa capacité à comprendre le monde actuel et la sagesse universelle du Coran grâce à l’expérience d’un réseau d’universités, d’instituts, d’associations, de mosquées et de personnes ordinaires. Cet écosystème est aujourd’hui une source d’inspiration que nous voulons faire grandir en Alliance au service du Bien commun.

L’institut reste indépendant, comme chaque acteur de l’écosystème. Là où les divergences imposent une limite, chacun est responsable de ses discours et de ses actions.

Comprendre le monde actuel

Bruno LatourEva IllouzEmmanuel ToddJean-Marc JancoviciAlain GreshAlfredo Pena-VegaÉric SadinFranck LepageGilles LipovetskyNormand BaillargeonPaul ArièsPierre TevanianThe Shift ProjectMédialabData GueuleFondation Saint-ExupéryInstitut des Futurs SouhaitablesRéseau des Écoles Citoyennes

Agir pour le bien commun

Claire & Marc Héber-SuffrinDidier MinotFrançois JullienThérèse HargotYann Arthus-BertrandJulie GrazianiIsabelle SanchoSophie Poirot-Delpech

Comprendre l’islam

Anas Ahmed LalaHassen AmdouniLyès ChacalAbdelouhad JahdaniFaouzia Zebdi GhorabFethallah OthmaniHichem ElarafaMohamed OudihatJonathan A.C. BrownMalika HamidiZainab al-AlwaniInstitut Oussoul EddineMaison IslamUniversité Ibn ZohrAl-Mawrid InstituteInstitut ShatibiInstitut YaqeenIIUM

Comprendre les musulmans

François BurgatOlivier RoyRaphaël LiogierVincent GeisserNilüfer GöleHenry LaurensPierre LorySadek Sellam
Projets

Ce que nous avons réalisé, ce que nous construisons

Université d’été, podcast, publications, bourses de recherche.

Université d’été

Islam : une vision du monde

Une formation globale intellectuelle, morale et spirituelle pour étudiants de toutes disciplines, de la première année de licence au doctorat, afin de développer leur capacité à s’engager sur les grandes questions de notre temps à la lumière de l’islam comme sagesse universelle et actuelle.

Éditions 2021 et 2023 (dernière édition : du 26 août au 2 septembre 2023, 40 participants). Conférences de professeurs de France, du Maroc, de Malaisie et des États-Unis, ateliers, promenade à vélo, canoë, randonnée.

Mumtaz AliMumtaz AliPensée islamique · IIUM, Malaisie
Zainab AlwaniZainab AlwaniÉtudes islamiques · Howard University, États-Unis
ABAbdelaziz BerghoutVision islamique du monde, pensée de Malek Bennabi
Imtiyaz YusufImtiyaz YusufIslam et connaissance · ISTAC-IIUM
Abdelouahad JahdaniAbdelouahad JahdaniUsûl al-fiqh · université Ibn Zohr, Agadir
Mohamed OudihatMohamed OudihatConduite du changement · auteur des Concepts du Coran
Jaquette du podcast Les Clés du Coran
Livre audio

Les Clés du Coran

Un podcast qui invite à se réformer par un effort patient et méthodique pour comprendre le Coran par le Coran, sans en déformer le sens. Il fait avancer dans la compréhension des sourates al-Fâtihah et al-Baqarah et introduit la méthode simple développée par Shaykh Tâhâ Jâbir al-‘Alwânî.

Comment ne pas se perdre dans sa compréhension du Coran ? Quelle sagesse universelle nous révèle-t-il sur la vie, le monde, l’homme, la réussite, le conformisme, l’esprit critique ? Quelle voie mène aux deux bonheurs ?

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Bourses d’étude et de recherche

Tu veux rejoindre des étudiants qui partagent leurs questionnements sur des projets de recherche utiles, en lien avec l’islam ? Rejoins notre groupe Telegram. D’abord, envoie-nous un mail avec ta présentation, ton dernier diplôme, ton sujet de recherche, ton besoin et ce qui te motive.

Des bourses en master et en doctorat sont proposées en partenariat avec l’International Islamic University Malaysia.

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Affiche du talk-show en direct « Le Grand RE-placement : remettre les choses à leur place », avec Islam actuel et Marseille refaire société
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Le Grand RE-placement

Remettre les choses à leur place.

Un podcast en direct pour remettre les choses à leur place. Le vendredi soir, des invités d’horizons différents et un public se retrouvent autour de la table, en salle à Marseille ou à Paris, et en ligne, pour sortir des faux débats et penser en grand, avec l’islam comme ressource universelle.

Premier directVendredi 27 novembre à 20h

Autour de la table

Le vendredi soir, des invités d’horizons différents et un public.

En salle et en ligne

À Marseille ou à Paris, et en direct pour celles et ceux qui suivent en ligne.

Penser en grand

Sortir des faux débats, avec l’islam comme ressource universelle.

Les Clés du Coran
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Les Clés du Coran

Un podcast qui invite à se réformer par un effort patient et méthodique pour comprendre le Coran par le Coran, sans en déformer le sens. Il fait avancer dans la compréhension des sourates al-Fâtihah et al-Baqarah et introduit la méthode simple développée par Shaykh Tâhâ Jâbir al-‘Alwânî.

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Transformer les questions collectives en projets de recherche utiles

Bourses d’étude et de recherche, en partenariat avec l’International Islamic University Malaysia.

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Les familles, les mosquées, les associations, les instituts et la société ont besoin de traiter des problèmes majeurs : comment éduquer à l’islam à l’école primaire ? Comment cultiver l’unité de la diversité ? Islam actuel veut transformer ces questions collectives en projets de recherche utiles, pour faire parler le Coran sur les questions de la vie réelle.

  • Bourse d’étude en Master ou de recherche doctorale, en lien avec l’islam
  • Sciences humaines ou naturelles
  • En partenariat avec l’International Islamic University Malaysia
  • Langue des études : anglais et/ou arabe

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Un exemple de projet

Quelle est la philosophie islamique du vêtement ?

C’est la question que Kenza, étudiante en anthropologie, veut approfondir dans sa recherche doctorale : en quoi la Modest fashion ou le minimalisme reflètent-ils la façon dont l’islam marie l’esthétique et la morale ? Sa recherche servira de base pour produire des supports pédagogiques pour les écoles musulmanes, les mosquées et les parents.

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Malek Bennabi, islam et savoir

Penseurs musulmans, Savoir & université

Malek Bennabi, islam et savoir

Introduction : L'actualité de Malek Bennabi

En ce début du XXIe siècle, alors que l'intelligence artificielle bouleverse nos sociétés, que la crise climatique menace notre survie collective, et que les inégalités mondiales se creusent malgré les progrès technologiques, la pensée de Malek Bennabi résonne avec une actualité saisissante. Cet intellectuel musulman du XXe siècle, figure majeure du « nouveau discours islamique », a posé il y a plus de soixante ans des questions qui demeurent au cœur de nos préoccupations contemporaines.

Comment valoriser la science et la technologie sans tomber dans un scientisme réducteur qui déshumanise ? Comment critiquer les dérives de la modernité sans verser dans l'obscurantisme ? Comment les sociétés post-coloniales peuvent-elles s'approprier les savoirs modernes sans perdre leur âme ? Ces interrogations, Bennabi les a explorées avec une profondeur remarquable dans son œuvre, notamment dans L'islam et le savoir.[1]

Aujourd'hui, face à une humanité technologiquement surpuissante mais moralement désorientée, la vision de Bennabi offre des clés de lecture essentielles. Il nous invite à retrouver la finalité éthique de la connaissance, à adopter une démarche critique de synthèse créative des savoirs, et à replacer l'humain au centre de nos préoccupations civilisationnelles.

1. Quelle finalité pour la science ? Du sens à la crise

L'idée religieuse comme fondement civilisationnel

Pour Bennabi, toute civilisation naît d'une « idée religieuse » qui confère à une communauté sa compréhension du monde, sa raison d'être, et oriente le développement de ses connaissances. Cette idée ne se limite pas au religieux au sens restreint : elle désigne toute force mobilisatrice qui donne un sens collectif à l'existence, qu'il s'agisse du christianisme, de l'islam, ou même d'idéologies séculières comme le communisme ou le libéralisme.

L'idée religieuse remplit trois fonctions essentielles :

  • La tension : c'est la force motrice, l'élan vital, l'énergie qui pousse à agir
  • L'orientation : c'est la direction, le sens, l'idéal vers lequel cette énergie se tourne
  • L'intégration : elle permet de sélectionner, adapter et harmoniser les éléments culturels

Cette vision éclaire les crises contemporaines : une civilisation qui perd son « principe du sens » sombre dans le nihilisme, le relativisme et l'incohérence.

La science occidentale : du christianisme au matérialisme

Bennabi retrace l'évolution de la vision scientifique occidentale. La civilisation européenne, née de l'idée chrétienne, a d'abord imposé des limites théologiques à la science (l'épisode de Galilée en témoigne). Puis, avec les Lumières et la révolution industrielle, une nouvelle « idée religieuse matérialiste » a transformé l'âme de l'Occident.

Cette vision matérialiste étudie le monde uniquement comme matière et énergie, sans Cause première ni finalité transcendante. Elle a justifié les conquêtes coloniales au nom d'une « mission civilisatrice » et fait des « besoins humains » le moteur principal de l'histoire.

Bennabi conteste cette vision réductrice : le besoin seul ne suffit jamais à causer le changement.

« En Algérie, des siècles de décadence n'ont pas suffi à inventer le simple manche à balai, malgré le besoin pressant. Le besoin ne devient un acte d'histoire que lorsqu'il est spiritualisé par une conscience qui le transforme en impératif moral, en devoir. »

Depuis les années 1960, cette vision matérialiste s'essouffle. L'échec de l'Occident à fournir de nouvelles justifications existentielles a ouvert la voie à une crise métaphysique profonde, au relativisme postmoderne et à la montée des populismes.

La vision coranique : une science éthique et universelle

L'idée coranique, selon Bennabi, a créé un « climat moral et intellectuel » propice à la quête de vérité et à la transformation du monde. Le premier verset révélé – « Lis ! » (Iqra') – a été compris comme l'ordre de découvrir les signes (āyāt) de Dieu dans le Livre révélé et dans l'univers créé (Coran 96:1-5 : « Lis ! Au nom de ton Seigneur qui a créé… C'est lui qui a enseigné par la plume, qui a enseigné à l'être humain ce qu'il ne savait pas »).

Cette vision coranique de la science se caractérise par trois dimensions fondamentales :

  • Éthique : la connaissance vise le Bien (al-maṣlaḥah), pas seulement l'efficacité technique
  • Critique et autocritique : elle évalue constamment les savoirs en fonction de leur vérité et de leur impact positif
  • Pratique : elle recherche l'utilité sociale et le bien-être commun, transformant la réalité pour plus de justice

Bennabi insiste sur la réintégration de la notion de finalité (cause finale) dans la pensée scientifique. Sans finalité, les faits n'ont plus de sens. Le Coran permet d'aller au-delà de l'analyse simpliste des causes et des effets, offrant une vision universelle qui fonde et oriente la connaissance.

Le rôle civilisationnel face à la crise mondiale

Cette analyse de Bennabi résonne avec les défis contemporains.

Le monde d'aujourd'hui souffre d'une crise qui n'est pas technique mais éthique et spirituelle. Nous avons une intelligence artificielle capable de performances stupéfiantes, mais incapable de discerner le bien du mal. Nous produisons en surabondance, tout en créant chômage et misère. Nous maîtrisons l'atome, mais avec une conscience médiévale.

« La crise mondiale résulte d'une science moderne qui projette l'humanité dans l'âge atomique, mais avec une conscience médiévale. »

Face à cette crise, Bennabi appelle les musulmans – et plus largement les différents partenaires civilisationnels – à contribuer en se spécialisant dans les « problèmes de l'homme considérés sous leurs aspects qualitatifs ». L'avenir de l'humanité dépendra moins de la technologie que de la conscience humaine. La civilisation moderne excelle dans la quantité mais échoue dans la qualité humaine.

Cette mission est d'une actualité brûlante à l'ère de l'intelligence artificielle et du transhumanisme, où se pose avec acuité la question : quelle place pour l'humain dans un monde gouverné par l'efficacité algorithmique ?

2. Les pièges du copier-coller : critique de l'imitation stérile

Du conformisme intellectuel à la stérilisation de la pensée

Bennabi observe que le monde musulman, comme beaucoup de sociétés post-coloniales, tend à vouloir se moderniser en accumulant des « produits de civilisation » plutôt qu'en construisant une véritable civilisation. Cette approche transforme la renaissance en un simple « entassement de matériaux » sans cohérence.

Le danger du conformisme intellectuel est particulièrement aigu. Bennabi, ayant étudié à Paris, analyse comment la capitale française transforme en « modes » les idées les plus utiles comme les plus mortelles. Au XXe siècle, Paris croyait dans les « idées-idoles » du Progrès industriel et de la Mission civilisatrice. Aujourd'hui, nous pourrions ajouter : le néolibéralisme, le consumérisme numérique, ou encore certaines formes de wokisme.

Face à cela, Bennabi prône le non-conformisme comme acte vital pour se libérer des « envoûtements » et des « jougs des mots prestigieux ». Il faut dépasser le matérialisme, ce « monstre boiteux » appuyé sur la société de consommation et l'athéisme pratique.

Il critique aussi sévèrement le discours apologétique – cette valorisation excessive des sciences passées qui fonctionne comme une drogue psychologique pour surmonter l'humiliation, mais empêche l'analyse stratégique et l'action contemporaine. Se focaliser sur les splendeurs d'hier offre un « oubli passager » des souffrances, mais ne les guérit pas.

Le syncrétisme chaotique : quand l'entassement mène à la confusion

L'accumulation d'idées hétérogènes et contradictoires produit ce que Bennabi appelle le syncrétisme : un « produit mixte d'archaïsmes non décantés et de nouveautés non filtrées ». Ce phénomène est observable partout : dans l'éducation où l'on modernise le mobilier scolaire sans réformer les contenus vieux de six siècles ; dans la langue où l'on substitue des concepts islamiques par des termes occidentaux incohérents.

Bennabi donne l'exemple d'une pièce de théâtre arabe où le concept fondamental de Sharīʿah (la voie divine) est remplacé par le terme grec qānūn (la loi positive). L'emprunt de la technique théâtrale s'accompagne ainsi de l'intériorisation de concepts philosophiquement incompatibles avec l'islam.

Ces incohérences engendrent des dissonances – formes d'incohérence entre les idées, les pratiques et les styles. Elles peuvent être esthétiques (le burnous traditionnel à côté d'une mécanique ultramoderne) ou morales (un homme en habit traditionnel consommant de l'alcool).

Cette analyse s'applique parfaitement aux sociétés contemporaines, où coexistent smartphones et superstitions, intelligence artificielle et pensée magique, discours éthique et pratiques prédatrices.

L'incompatibilité contextuelle et l'inefficacité

Le problème fondamental des connaissances empruntées réside dans leur incompatibilité avec le nouveau contexte. Toute connaissance est enveloppée par la culture qui l'a produite. Les sciences sociales modernes ont pris forme dans l'expérience historique occidentale ; leurs concepts en sont imprégnés.

Lorsque ces idées sont transplantées, elles laissent souvent derrière elles « les antidotes qui tempéraient leur nocivité dans leur milieu d'origine ». En d'autres termes, certaines idées nées en Occident ne posent pas forcément problème là-bas parce qu'elles sont équilibrées par d'autres principes ou insérées dans un cadre culturel cohérent. Mais transplantées dans un autre contexte, sans ces équilibres, elles deviennent toxiques ou autodestructrices. Bennabi illustre :

  • Le principe individualiste occidental (« chacun pour soi et Dieu pour tous ») est contrebalancé par une organisation sociale forte. Transféré dans une société musulmane où manque cette organisation, il devient mortel, remplaçant le principe social islamique : « le chacun pour tous et tous pour chacun ».
  • Le principe darwinien de « sélection du meilleur » se référait, à l'origine, à la sélection naturelle dans un contexte scientifique. Mais quand cette idée a été transposée au domaine social, elle a servi à justifier la domination des plus forts, la corruption et l'égoïsme. Ainsi, le « meilleur » finit par désigner le « pire » (l'homme le plus véreux).

Ces emprunts conduisent à l'inefficacité. La société intègre les connaissances dans une pensée magique, cherchant la « chose unique qui nous sauvera » : l'économie, la littérature, la science. Il y a substitution naïve de la « chose » à l'« idée ».

Bennabi illustre par l'exemple d'une école dentaire algérienne où 57 blocs opératoires sur 60 sont en panne : l'importation de matériel coûteux (la chose) s'est substituée à l'idée fondamentale de formation scientifique et de maintenance.

Ce diagnostic s'applique aujourd'hui aux pays qui importent massivement des technologies numériques sans développer les compétences locales, créant une dépendance permanente.

L'alpha-bêtisme : l'ignorance savante

Bennabi forge un concept saisissant : l'alpha-bêtisme ou l'intellectomanie. Il ne s'agit pas de l'analphabétisme (ne pas savoir lire), mais de la jāhiliyyah – l'ignorance savante, l'ignorance sophistiquée.

L'intellectomane utilise la science comme un signe ostentatoire de « culture » ou un « gagne-pain », sans chercher à produire une vision d'ensemble ni à transformer la réalité. Son cerveau accumule des connaissances non pour en faire de la « conscience », mais de la « fausse monnaie intellectuelle ». Il incarne la perte totale de la fonction sociale de la science.

Ce phénomène est omniprésent dans nos sociétés contemporaines : influenceurs pseudo-scientifiques, experts médiatiques déconnectés du réel, diplômés incapables de résoudre les problèmes concrets. L'alpha-bêtisme règne dans les universités qui produisent des « papiers » sans impact, et sur les réseaux sociaux où prolifèrent les « sachants » sans sagesse.

3. Vers une synthèse créative : méthodologie de l'intégration

L'art de la synthèse : leçons historiques

Pour sortir de la « confusion syncrétiste », Bennabi propose une démarche scientifique et rationnelle de synthèse. Cette méthode ne se confond pas avec le rationalisme moderne, mais s'inspire de l'idée coranique pour orienter la recherche.

Il oppose l'étudiant musulman moderne, qui a un rapport pathologique au savoir (recherche de carrière ou fascination pour les aspects futiles de la civilisation occidentale), aux étudiants occidentaux qui allaient à Cordoue et prenaient « ce dont ils avaient besoin et retournaient dans leur pays pour le reconstruire en fonction de leurs propres circonstances ».

Bennabi présente des exemples historiques de synthèse réussie dans les débuts de la civilisation islamique :

  • L'appel à la prière (adhān) : Au lieu d'emprunter les cloches chrétiennes (ce qui aurait causé confusion religieuse, dépendance technique et incohérence esthétique), la communauté musulmane a innové en optant pour la voix humaine du muʾadhdhin. Le besoin (communiquer l'heure de la prière) fut emprunté, mais le moyen fut créé, adapté à l'Homme, au Sol et au Temps.
  • Le minbar : La chaire de la mosquée est une adaptation de la chaire chrétienne, mais l'idée religieuse et l'esthétique islamiques ont remplacé les présupposés chrétiens (notamment la représentation anthropomorphique).

Ces exemples montrent qu'emprunter n'est pas copier, mais transformer créativement.

Les quatre principes de la synthèse

La démarche de synthèse selon Bennabi implique un travail philosophique et épistémologique crucial :

  1. Exprimer le besoin en termes de problème rationnel, évitant la pensée magique. Il ne s'agit pas de chercher une « chose miracle », mais de formuler clairement le défi à relever.
  2. Partir des concepts islamiques pour nommer les termes du problème. Ceci évite la confusion sémantique et l'aliénation intellectuelle.
  3. Évaluer rigoureusement les connaissances empruntées selon plusieurs critères : cohérence avec l'idée religieuse ; identification des biais idéologiques ; compatibilité avec l'écosystème local (Homme, Sol, Temps) ; utilité sociale réelle (évitant les idées mortes ou mortelles).
  4. Intégrer créativement : sélectionner, exclure, adapter et transformer les connaissances. Cette étape exige créativité et courage intellectuel.

Le principe fondamental qui assure cette unité est la parole prophétique : « La terre tout entière est un lieu de prière. » (Ḥadīth rapporté par al-Tirmidhī dans ses Sunan n° 317.)

Ce principe sacralise le monde et implique que toute connaissance, intention ou action doit être pensée à la lumière de la sagesse divine. Cette perspective permet de ressentir immédiatement toute incohérence comme une « dissonance » ou une « fausse note ».

Application à l'ère contemporaine

Cette méthodologie trouve une pertinence aiguë face aux défis actuels :

  • Intelligence artificielle : Comment emprunter cette technologie sans adopter la vision matérialiste et utilitariste qui la sous-tend ? Comment l'adapter pour servir le bien commun plutôt que la surveillance et la manipulation ?
  • Biotechnologies : Comment bénéficier des progrès médicaux sans tomber dans le transhumanisme qui réduit l'humain à une machine perfectible ?
  • Économie numérique : Comment participer à l'économie mondiale sans importer les logiques de précarisation, d'exploitation et de concentration des richesses ?
  • Écologie : Comment intégrer la conscience écologique sans adopter les idéologies néomalthusiennes ou les solutions technocratiques qui ignorent les dimensions humaines et spirituelles ?

L'harmonie intellectuelle : une métaphore puissante

Nous pouvons considérer la méthodologie de synthèse comme un processus d'alchimie intellectuelle. Au lieu de simplement stocker des éléments bruts et incompatibles (le « bric-à-brac » de la décadence), le penseur musulman doit purifier, mélanger et transformer les idées héritées et empruntées.

Le feu de l'idée coranique est le catalyseur qui :

  • Élimine les impuretés (idées mortes et mortelles, biais idéologiques)
  • Fusionne les matériaux compatibles (Homme, Sol, Temps)
  • Donne naissance à un nouvel élément harmonieux et efficace : la civilisation juste (al-ʿUmrān)

Sans cette harmonie éthique, le savoir importé reste pollué par des biais, même s'il est techniquement brillant.

4. Vers un nouvel ordre épistémologique mondial

La décolonisation de l'esprit

Bennabi insiste : l'intégration des connaissances est un processus de décolonisation de l'esprit. Face à la domination technoscientifique de l'Occident, il est impossible et contre-productif de dresser un « rideau de fer ». La coopération est nécessaire, mais elle doit être critique et consciente.

La technoscience occidentale reste largement eurocentrée, appliquant des solutions qui favorisent ses propres intérêts. Les pays du Sud global ne doivent pas se contenter d'être des consommateurs passifs de technologies et de savoirs, mais devenir des acteurs créatifs et critiques.

Cette vision résonne fortement aujourd'hui, alors que les GAFAM imposent leurs modèles d'affaires à l'échelle mondiale, que les algorithmes d'IA perpétuent les biais occidentaux et que les « solutions » climatiques sont dictées par les pays du Nord.

De Bandung à aujourd'hui : vers une éthique mondiale

Bennabi a vu dans la Conférence de Bandung (1955) un tournant historique marquant la fin du monopole occidental. Il y voyait l'avènement de l'humain dans la politique mondiale et le signe d'une « nouvelle mutation qui s'accomplira cette fois de l'ordre technique à l'ordre éthique ».

Soixante-dix ans plus tard, cette prophétie n'est que partiellement réalisée. Si le monde multipolaire émerge économiquement et politiquement, la mutation éthique reste largement inachevée. Le Sud global reproduit souvent les mêmes logiques prédatrices que le Nord : exploitation des ressources, autoritarisme technologique, consumérisme débridé.

Bennabi appelait à une double intégration :

  • Élever l'homme afro-asiatique au niveau social de la civilisation (accès à l'éducation, aux technologies, au développement, reconsidérés à partir de l'islam comme ressource intellectuelle universelle, de l'expérience historique de la civilisation islamique et de ses contextes)
  • Élever l'homme civilisé au niveau moral de l'Humanité (dépasser le complexe de puissance, la domination, l'exploitation)

Cette double exigence est plus que jamais nécessaire. Les crises contemporaines – climatique, migratoire, sanitaire, démocratique – exigent une transformation éthique profonde.

Quelle contribution musulmane au monde ?

Le rôle du musulman et des pays afro-asiatiques, selon Bennabi, est d'aider l'Occident à surmonter sa « crise de conscience », en liquidant sa double psychose de culpabilité et de puissance. Le « complexe de puissance » affecte la manière dont l'Europe connaît et agit avec l'Autre, ne voyant de sécurité que dans la domination.

Cette analyse éclaire les relations internationales actuelles : la peur occidentale face à la montée de la Chine, les politiques migratoires répressives, le maintien de structures néocoloniales en Afrique, l'islamophobie structurelle.

La contribution musulmane au monde ne peut être un simple retour au passé glorieux ni une imitation servile de l'Occident. Elle doit offrir un nouvel éclairage inspiré par l'idée coranique, pour une connaissance :

  • Métaphysique : donnant une vision de la vocation collective, un sens à l'existence humaine au-delà de la production et de la consommation
  • Socialement utile : cadrée par le sens du Bien (al-maṣlaḥah), visant la justice et le bien-être de tous les vivants
  • Universelle : s'adressant à l'humanité entière, au-delà des particularismes ethniques ou nationaux

Conclusion

La pensée de Malek Bennabi offre un cadre puissant pour penser les défis contemporains. À l'heure où l'intelligence artificielle promet de bouleverser tous les secteurs de l'activité humaine, où le changement climatique menace notre survie collective, où les inégalités mondiales ne cessent de se creuser malgré les progrès technologiques, ses interrogations résonnent avec une acuité saisissante.

Comment donner un sens à la science au-delà de l'efficacité technique ? Comment emprunter sans copier ? Comment créer une synthèse vivante plutôt qu'un syncrétisme mortifère ? Comment retrouver la dimension éthique et spirituelle de la connaissance ?

Bennabi nous rappelle que la crise du monde moderne n'est pas technique, mais spirituelle. Nous avons projeté l'humanité dans l'ère atomique et numérique avec une conscience médiévale. La solution ne viendra pas de plus de technologie, mais d'une transformation profonde de la conscience humaine.

« L'avenir ne dépendra pas de la fusée, de l'atome ou du réfrigérateur, comme il dépendra de la conscience humaine. »

Les musulmans, et plus largement tous les héritiers de traditions spirituelles, ont un rôle essentiel à jouer : se spécialiser dans les « problèmes de l'homme considérés sous leurs aspects qualitatifs ». Dans un monde obsédé par la quantité – croissance économique, performance technologique, accumulation de données – ils doivent réinjecter la question de la qualité humaine.

Cette mission exige :

  • Un non-conformisme intellectuel : refuser les modes et les idées-idoles, qu'elles viennent d'Orient ou d'Occident
  • Une synthèse créative : emprunter intelligemment en adaptant et transformant, plutôt que copier servilement
  • Une vision éthique : réintégrer la finalité et le sens dans la science, au-delà de l'efficacité technique
  • Une décolonisation de l'esprit : se libérer des structures mentales héritées de la colonisation sans tomber dans le repli identitaire

L'enjeu n'est pas de savoir si nous devons emprunter des connaissances – cela est inévitable et souhaitable. L'enjeu est de savoir quelles connaissances choisir, lesquelles exclure, et comment les recontextualiser, les adapter et les transformer pour les rendre bonnes et utiles.

Malek Bennabi nous invite à retrouver l'âme de la science : non pas une science neutre et désincarnée, mais une science au service de l'humain, orientée vers le Bien commun, enracinée dans une vision du monde cohérente. C'est à cette condition seulement que nous pourrons construire une civilisation digne de ce nom – une civilisation juste (al-ʿUmrān) où technique et éthique, progrès matériel et élévation spirituelle, efficacité et sagesse marcheront ensemble.

La révolution dont nous avons besoin n'est pas technologique, mais éthique et spirituelle.

Références

  • Oudihat, Mohamed. Malek Bennabi, L'islam et le savoir. Paris : Islam actuel, 2024.
  • Bennabi, Malek : Les Conditions de la renaissance (Alger : ANEP, 2005) ; Vocation de l'islam (ANEP, 2006) ; Mémoires d'un témoin du siècle. 1905-1973 (Samar, 2006) ; Idée d'un Commonwealth islamique (El Borhane, 2006) ; Les Grands thèmes (Héritage, 2016) ; Le phénomène coranique (2022) ; Réforme de l'homme musulman & renaissance islamique (2022) ; L'Afro-asiatisme (2022) ; Les rencontres de Damas (2022) ; Mondialisme (2024) ; Le problème des idées dans le monde musulman (Al Bayyinat, 1990).
  • Autres références : al-Fārūqī, Ismāʿīl Rājī, The Arts of Islamic Civilization (IIIT, 2013) ; Cardinal, Arianne, mémoire de Master, UQAM, 2010 ; Cavalcanti, Joabe, « Development versus enjoyment of life », Development in Practice 17/1 (2007) ; Césaire, Aimé, Discours sur le colonialisme (Présence Africaine, 1955) ; Hossain, Meinhaj, « Malek Bennabi and the task of Islamization of Knowledge » (2017) ; Hunke, Sigrid, Le soleil d'Allah brille sur l'Occident (Albin Michel, 1997) ; Keyserling, Hermann, Analyse spectrale de l'Europe (Bartillat, 1990) ; Oudihat, Mohamed, Tāhā Jābir al-ʿAlwānī, Les Clés du Coran (Islam actuel, 2021) ; Weber, Heloise, « The Political Significance of Bandung for Development », in Meanings of Bandung (Rowman & Littlefield, 2016).

Note

  1. Cet article est une synthèse de Oudihat, Mohamed. Malek Bennabi, L'islam et le savoir. Paris : Islam actuel, 2024.
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