Vous êtes bien sur Islam actuel. Notre ancienne adresse, islamactuel.org, nous a échappé ; nous œuvrons à la retrouver. En attendant, islamactuel.eu est notre adresse officielle.

Islam actuel : des clés pour dépolluer son regard sur le monde, pour explorer l’universalité et l’actualité de l’islam
Islam actuel

Al-salâm ‘alaykum ! Que la paix soit sur vous !

Bienvenue. Comprendre l’islam est aujourd’hui difficile devant l’hypermédiatisation des interprétations hasardeuses, individualistes et extrémistes. Pourtant, l’envie de le comprendre de façon objective, simple, globale, actuelle et universelle anime de plus en plus de femmes et d’hommes, de jeunes et de vieux, parmi les musulmans et les personnes d’autres religions et philosophies de vie.

L’institut de formation et de recherche Islam actuel explore l’universalité et l’actualité du Coran et de l’islam. Il vise à donner à chacun l’occasion de contribuer à un monde meilleur, grâce à une compréhension méthodique de l’islam et du monde : articles, synthèses de livres, traductions, vidéos, podcasts, rencontres publiques, universités d’été et formations.

En savoir plus sur notre approche →

الله

Islam actuel en bref

L’institut fait découvrir la voie vers la sagesse universelle à laquelle le Coran invite la famille humaine : une personne et une civilisation capables de jouir des belles choses de la vie tout en cultivant la vertu et la justice. Mais y a-t-il quelqu’un pour ouvrir son cœur et son intelligence sur cette sagesse et tenter de la vivre ?

62 : 2 · Coran

هُوَ الَّذِي بَعَثَ فِي الْأُمِّيِّينَ رَسُولًا مِّنْهُمْ يَتْلُو عَلَيْهِمْ آيَاتِهِ وَيُزَكِّيهِمْ وَيُعَلِّمُهُمُ الْكِتَابَ وَالْحِكْمَةَ

« C’est Lui qui a envoyé aux gens sans Écriture un messager issu d’eux, pour leur réciter Ses signes, les purifier et leur enseigner le Livre et la Sagesse. »

2 : 60 · Coran

كُلُوا وَاشْرَبُوا مِن رِّزْقِ اللَّهِ وَلَا تَعْثَوْا فِي الْأَرْضِ مُفْسِدِينَ

« Mangez et buvez de ce que Dieu vous a attribué, et ne semez pas la corruption sur terre. »

54 : 17 · Coran

وَلَقَدْ يَسَّرْنَا الْقُرْآنَ لِلذِّكْرِ فَهَلْ مِن مُّدَّكِرٍ

« Nous avons rendu le Coran facile pour la réflexion. Y a-t-il quelqu’un pour y réfléchir ? »

Dernières rencontres

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À propos

Un institut pour explorer l’actualité et l’universalité de l’islam

Notre approche

Former une personne complète

L’institut accueille chacun dans sa différence et son originalité et rappelle qu’à l’origine, nous avons un Dieu commun, nous faisons partie d’une même famille humaine, nous avons une sagesse commune à réaliser dans notre vie.

Il vise à former une personne complète et équilibrée, animée du désir de plaire à Dieu, d’une quête de justice et de vérité, de courage et de bienveillance, du désir de servir le Bien commun. Ici, la formation est plus qu’une information : un chemin pour grandir et contribuer à rendre son monde meilleur, qui repose sur deux piliers : comprendre le monde, et faire marcher le Coran dans la vie personnelle et collective.

1. Comprendre le monde

Comprendre Dieu, l’Homme, la nature, le sens de l’Histoire, les défis communs. Cela passe par la lecture des grands textes (pas par le fast-food intellectuel des vidéos de 2 minutes), par des pairs qui s’encouragent et des personnes plus expérimentées que soi. La connaissance doit être utile, mais aussi juste, éthique, au service du Bien commun.

2. Faire marcher le Coran

La formation se vit dans les relations : un repas, une discussion, un art, un sport, un conseil, un conflit à traiter, un projet à mener. Pas de spiritualité ni d’épanouissement sans engagement concret : don de soi, fraternité, bienveillance, esprit critique et justice.

Interrogée sur la vie quotidienne de son mari, le prophète Muhammad ﷺ, Aïcha رضي الله عنها a répondu :

Il est à l’image d’un Coran en marche.

كَانَ قُرْآنًا يَمْشِي عَلَى الْأَرْضِ

Notre nom : Islam actuel
Notre nom

« Islam actuel » : le sens que nous avons choisi

Deux images bloquent l’imagination : l’islam du radicalisme et du terrorisme chez une partie de la société, l’islam des béni-oui-oui, conformistes à la modernité et soumis au pouvoir, chez une partie des musulmans. Comme si l’islam ne pouvait avoir aujourd’hui qu’une réalité négative.

Choisir un nom, c’est choisir une direction. Le mot « actuel » dit que l’islam est toujours d’actualité, quels que soient les contextes et les époques : une voie universelle qui prend en compte la diversité des cultures, une Annonce (Bushrâ) et une Invitation (Da’wah) pour tous à jouir des belles choses de la vie, à exercer sa raison, à résister à l’injustice et à rendre le monde meilleur.

L’islam doit-il « s’adapter » à tout ?

Chaque époque a ses modes, ses idoles, ses folies. Du temps de l’Europe nazie ou de la France coloniale, il ne fallait pas s’adapter à l’ordre dominant. Face à la crise écologique et aux injustices mondiales, peut-on simplement s’intégrer, trouver un job, manger bio et se développer dans son petit coin ? L’animal s’adapte pour survivre ; l’Homme évalue, critique, résiste et transforme son environnement. L’islam n’est jamais le perroquet d’une époque.

  • L’islam est toujours actuel, car aucune époque ne doit être considérée comme un dieu infaillible.
  • Il est toujours critique : envers le passé et le présent, envers les « Nous » et les « Autres ».
  • Il a quelque chose d’essentiel à dire aujourd’hui comme hier.

Animer Islam actuel, c’est diffuser de la joie et former une intelligence collective critique, animée du sens de la sagesse et de la justice : la meilleure chose que nous proposons d’offrir à notre monde moderne.

Notre philosophie

Affronter la crise de la relation Homme-Dieu-Nature

Avant d’être financière, politique ou sanitaire, la crise la plus profonde de notre époque est une crise de la relation Homme-Dieu-Nature. Le progrès comme l’individualisme ont montré leurs limites : la Terre est le miroir de nos sentiments, de nos idées et de nos actes (cf. Coran 30 : 41).

Reconnaître que Dieu est la Réalité, c’est accepter de vivre sur Terre comme dans une Maison commune, où chacun collabore avec chacun, s’encourage à faire le bien et à résister à l’injustice. L’islam est une invitation universelle à bâtir ensemble un monde plus juste, où chacun peut goûter à une part de Paradis sur Terre tout en assurant sa réussite dans la vie dernière.

Notre philosophie : bâtir ensemble un monde plus juste
Une oasis pour le grand voyage intérieur

Une oasis pour faire le grand voyage intérieur

« Il faut avoir le bac, réussir sa carrière, s’épanouir… » À l’école et à l’université, on se spécialise pour réussir, sans s’interroger sur le sens de la vie. L’institut accompagne étudiants et jeunes professionnels : à quoi je sers ? Que puis-je faire pour devenir meilleur et rendre le monde meilleur ? Qu’est-ce que Dieu attend de nous ?

Une Oasis spirituelle et intellectuelle pour faire une pause, reprendre des forces et repartir dans le désert de la vie avec un cœur plus pur, un discernement plus juste, une volonté plus ferme.

L’étudiant musulman

L’étudiant musulman que nous voulons former…

  1. 1

    L’étudiant a une attention dispersée.
    Nous l’aidons à se focaliser sur l’essentiel.

  2. 2

    Il a du mal à faire des liens entre le Coran et sa spécialité universitaire. Nous l’aidons à comprendre l’actualité de l’islam et à former une pensée à partir des concepts du Coran.

  3. 3

    Il a du mal à exercer son esprit critique vis-à-vis des théories et concepts appris à l’université. Nous l’aidons à faire du Coran une source pour former son jugement critique.

  4. 4

    Il a du mal à s’engager, à persévérer, à être déterminé. Nous l’aidons à faire de sa vie un engagement durable.

  5. 5

    Il ne sait pas toujours pour quoi s’engager. Nous l’aidons à développer le sens du Bien commun.

Notre équipe

Un institut pour explorer l’actualité et l’universalité de l’islam

Mohamed
Mohamed
Fondateur, directeur
Amani
Amani
Événements
Thomas
Thomas
Éditeur
Zineb
Zineb
Web, design
Johanna
Johanna
Communication
Camille
Camille
Podcast
Abdelhafid
Abdelhafid
Événements
Meher
Meher
Événements
Hibba
Hibba
Communication

Informations pratiques

L’institut Islam actuel est une association à but non lucratif. C’est un institut nomade dont les formations se font en partie chez son réseau de partenaires. Il se cherche un lieu, un local, pour remplir sa fonction d’Oasis spirituelle et intellectuelle au cœur de Paris.

L’équipe se compose de personnes engagées bénévolement, en Île-de-France, et s’appuie sur un réseau de contributeurs en France, au Maghreb, aux États-Unis d’Amérique et en Malaisie.

Une équipe en construction

Nous cherchons des personnes sérieuses, dynamiques et autonomes pour lire, synthétiser, mener des recherches thématiques, diffuser, animer les réseaux sociaux, collecter des dons… Bienvenue à vous !

Rejoindre l’équipe
Notre écosystème

Affronter la complexité du monde en écosystème

Aucune personne, institution ou société ne peut s’auto-suffire pour comprendre le monde et le rendre meilleur.

L’institut développe sa capacité à comprendre le monde actuel et la sagesse universelle du Coran grâce à l’expérience d’un réseau d’universités, d’instituts, d’associations, de mosquées et de personnes ordinaires. Cet écosystème est aujourd’hui une source d’inspiration que nous voulons faire grandir en Alliance au service du Bien commun.

L’institut reste indépendant, comme chaque acteur de l’écosystème. Là où les divergences imposent une limite, chacun est responsable de ses discours et de ses actions.

Comprendre le monde actuel

Bruno LatourEva IllouzEmmanuel ToddJean-Marc JancoviciAlain GreshAlfredo Pena-VegaÉric SadinFranck LepageGilles LipovetskyNormand BaillargeonPaul ArièsPierre TevanianThe Shift ProjectMédialabData GueuleFondation Saint-ExupéryInstitut des Futurs SouhaitablesRéseau des Écoles Citoyennes

Agir pour le bien commun

Claire & Marc Héber-SuffrinDidier MinotFrançois JullienThérèse HargotYann Arthus-BertrandJulie GrazianiIsabelle SanchoSophie Poirot-Delpech

Comprendre l’islam

Anas Ahmed LalaHassen AmdouniLyès ChacalAbdelouhad JahdaniFaouzia Zebdi GhorabFethallah OthmaniHichem ElarafaMohamed OudihatJonathan A.C. BrownMalika HamidiZainab al-AlwaniInstitut Oussoul EddineMaison IslamUniversité Ibn ZohrAl-Mawrid InstituteInstitut ShatibiInstitut YaqeenIIUM

Comprendre les musulmans

François BurgatOlivier RoyRaphaël LiogierVincent GeisserNilüfer GöleHenry LaurensPierre LorySadek Sellam
Projets

Ce que nous avons réalisé, ce que nous construisons

Université d’été, podcast, publications, bourses de recherche.

Université d’été

Islam : une vision du monde

Une formation globale intellectuelle, morale et spirituelle pour étudiants de toutes disciplines, de la première année de licence au doctorat, afin de développer leur capacité à s’engager sur les grandes questions de notre temps à la lumière de l’islam comme sagesse universelle et actuelle.

Éditions 2021 et 2023 (dernière édition : du 26 août au 2 septembre 2023, 40 participants). Conférences de professeurs de France, du Maroc, de Malaisie et des États-Unis, ateliers, promenade à vélo, canoë, randonnée.

Mumtaz AliMumtaz AliPensée islamique · IIUM, Malaisie
Zainab AlwaniZainab AlwaniÉtudes islamiques · Howard University, États-Unis
ABAbdelaziz BerghoutVision islamique du monde, pensée de Malek Bennabi
Imtiyaz YusufImtiyaz YusufIslam et connaissance · ISTAC-IIUM
Abdelouahad JahdaniAbdelouahad JahdaniUsûl al-fiqh · université Ibn Zohr, Agadir
Mohamed OudihatMohamed OudihatConduite du changement · auteur des Concepts du Coran
Jaquette du podcast Les Clés du Coran
Livre audio

Les Clés du Coran

Un podcast qui invite à se réformer par un effort patient et méthodique pour comprendre le Coran par le Coran, sans en déformer le sens. Il fait avancer dans la compréhension des sourates al-Fâtihah et al-Baqarah et introduit la méthode simple développée par Shaykh Tâhâ Jâbir al-‘Alwânî.

Comment ne pas se perdre dans sa compréhension du Coran ? Quelle sagesse universelle nous révèle-t-il sur la vie, le monde, l’homme, la réussite, le conformisme, l’esprit critique ? Quelle voie mène aux deux bonheurs ?

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Bourses d’étude et de recherche

Tu veux rejoindre des étudiants qui partagent leurs questionnements sur des projets de recherche utiles, en lien avec l’islam ? Rejoins notre groupe Telegram. D’abord, envoie-nous un mail avec ta présentation, ton dernier diplôme, ton sujet de recherche, ton besoin et ce qui te motive.

Des bourses en master et en doctorat sont proposées en partenariat avec l’International Islamic University Malaysia.

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Podcasts

Un talk-show en direct, et un podcast à écouter sur votre application préférée.

Affiche du talk-show en direct « Le Grand RE-placement : remettre les choses à leur place », avec Islam actuel et Marseille refaire société
Talk-show en direct

Le Grand RE-placement

Remettre les choses à leur place.

Un podcast en direct pour remettre les choses à leur place. Le vendredi soir, des invités d’horizons différents et un public se retrouvent autour de la table, en salle à Marseille ou à Paris, et en ligne, pour sortir des faux débats et penser en grand, avec l’islam comme ressource universelle.

Premier directVendredi 27 novembre à 20h

Autour de la table

Le vendredi soir, des invités d’horizons différents et un public.

En salle et en ligne

À Marseille ou à Paris, et en direct pour celles et ceux qui suivent en ligne.

Penser en grand

Sortir des faux débats, avec l’islam comme ressource universelle.

Les Clés du Coran
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Les Clés du Coran

Un podcast qui invite à se réformer par un effort patient et méthodique pour comprendre le Coran par le Coran, sans en déformer le sens. Il fait avancer dans la compréhension des sourates al-Fâtihah et al-Baqarah et introduit la méthode simple développée par Shaykh Tâhâ Jâbir al-‘Alwânî.

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Transformer les questions collectives en projets de recherche utiles

Bourses d’étude et de recherche, en partenariat avec l’International Islamic University Malaysia.

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Les familles, les mosquées, les associations, les instituts et la société ont besoin de traiter des problèmes majeurs : comment éduquer à l’islam à l’école primaire ? Comment cultiver l’unité de la diversité ? Islam actuel veut transformer ces questions collectives en projets de recherche utiles, pour faire parler le Coran sur les questions de la vie réelle.

  • Bourse d’étude en Master ou de recherche doctorale, en lien avec l’islam
  • Sciences humaines ou naturelles
  • En partenariat avec l’International Islamic University Malaysia
  • Langue des études : anglais et/ou arabe

Comment rejoindre le groupe de recherche

  1. 1

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Un exemple de projet

Quelle est la philosophie islamique du vêtement ?

C’est la question que Kenza, étudiante en anthropologie, veut approfondir dans sa recherche doctorale : en quoi la Modest fashion ou le minimalisme reflètent-ils la façon dont l’islam marie l’esthétique et la morale ? Sa recherche servira de base pour produire des supports pédagogiques pour les écoles musulmanes, les mosquées et les parents.

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Actualités

Les nouvelles de l’institut

Publications, inscriptions, bourses, podcast : tout ce qui s’est passé à l’institut.

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Les livres de l’institut

Ouvrages, synthèses et traductions publiés par Islam actuel.

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Cafés-débats, halaqah, ateliers d’anglais, séminaires de pensée islamique : en ligne, et en présentiel à Paris, à Marseille et là où vous habitez.

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Sardar, Le Postmodernisme et l’Autre

Modernité & critique, Penseurs musulmans

Sardar, Le Postmodernisme et l’Autre

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi, dans notre monde hyper-connecté et qui se prétend ouvert, nous nous sentons parfois plus perdus que jamais ? Pourquoi, malgré l'accès illimité à l'information, la vérité semble de plus en plus compliquée ? Pourquoi, alors que la diversité est célébrée partout, certaines cultures semblent toujours dominées par d'autres ?

La réponse pourrait résider dans une force culturelle que peu d'entre nous nomment, mais que tous expérimentent quotidiennement : le postmodernisme.

Le concept de postmodernisme, tel qu'analysé par le penseur Ziauddin Sardar, s'est généralisé au cours des trois dernières décennies. Il s'agit d'une force culturelle qui conditionne nos pensées, influence nos politiques, et façonne l'éducation, la culture, l'architecture, l'art, et une grande partie de l'industrie du divertissement. Des séries Netflix aux algorithmes des réseaux sociaux, du design minimaliste des applications à la mode de la « cancel culture », le postmodernisme modèle notre quotidien de manière invisible mais profonde.

Pourtant, derrière ce discours de liberté et de pluralisme se cache peut-être une réalité bien plus inquiétante : le postmodernisme n'est pas une rupture, mais la continuation et l'expansion de la dynamique essentielle de la culture moderne, ce qui en fait la « nouvelle hégémonie de la culture occidentale ».

Nous allons analyser comment cette idéologie, en niant les fondements mêmes de la vérité et de la réalité, perpétue une forme insidieuse de domination culturelle sur l'Autre.

Une réaction contre la modernité

Historiquement, le postmodernisme est né d'une réaction aux limites de la modernité. Il s'est opposé à l'étreinte étouffante de la modernité, à sa rationalité instrumentale, aux notions élitistes de progrès linéaire et aux illusions issues de l'ère des Lumières.

L'époque moderne, c'était l'ère de la Science, de la Raison triomphante, du progrès technologique sans limite. On croyait fermement que l'humanité marcherait en ligne droite vers un avenir meilleur, guidée par la logique et la rationalité occidentales.

Mais le 20e siècle a ébranlé ces certitudes. Deux guerres occidentales mondiales, des colonisations, des génocides, la crise environnementale, les inégalités persistantes… Comment croire encore au « progrès » après les colonisations-exterminations occidentales dans le monde musulman, après Hiroshima ou encore Auschwitz ? Ce mouvement a longtemps été présenté comme le champion du pluralisme et de la diversité des différentes traditions.

Le postmodernisme promettait alors une libération : fini les vérités absolues imposées ! Place à la diversité, au relativisme, à la multiplicité des voix et des choix ! Chacun sa vérité, chacun son chemin. Un discours séduisant, mais concrètement, qu'est-ce que ça implique ?

1er principe : la mort des Grands Récits

Le premier principe du postmodernisme est l'idée que tout ce qui était valide durant l'époque moderne est désormais invalide et obsolète dans les temps postmodernes. L'époque moderne était encadrée par de « Grands Récits » qui donnaient une direction à la pensée et à l'action. Ces récits incluaient la Vérité, la Raison, la Moralité, Dieu, la Tradition et l'Histoire.

Désormais, à l'heure de la postmodernité, voici ce qu'on peut entendre autour de nous, dans notre vie quotidienne :

  • « C'est juste ton opinion »
  • « C'est juste ton interprétation. Moi je le vois autrement »
  • « Ta vérité n'est pas ma vérité »
  • « Qui es-tu pour juger ? »
  • « Tout est relatif »

Ces formules apparaissent aujourd'hui comme des évidences. La vérité est désormais relative, contingente et arbitraire. Les philosophes de la postmodernité soutiennent que la vérité et la morale ne sont que des produits du temps et du contexte, ce ne sont que des « jeux de mots ».

Prenons un exemple concret : sur les réseaux sociaux, combien de fois voyons-nous des débats où chacun campe sur ses positions, incapable d'accepter qu'il puisse exister une vérité objective ? Chacun a « sa » vérité, et aucun dialogue constructif n'est possible. Alors il n'y a plus rien à se dire…

Or, l'islam se révèle à l'humanité comme une vérité objective sur le monde et une sagesse universelle à vivre :

> « Nous avons fait descendre le Coran avec la vérité, et c’est avec la vérité qu’il est descendu. Et toi, Nous ne t’avons envoyé que pour annoncer la bonne nouvelle et avertir les gens. »

> وَبِالْحَقِّ أَنزَلْنَاهُ وَبِالْحَقِّ نَزَلَ وَمَا أَرْسَلْنَاكَ إِلَّا مُبَشِّرًا وَنَذِيرًا

> Coran 17 : 105

En effet, l'islam n'invite pas l'humanité à « croire » ou à se soumettre à un « dogme » mais à reconnaître et à témoigner de la vérité (al-ḥaqq, vérité objective et universelle) sur le monde, et en conséquence, à s'engager sur la voie de la sagesse révélée. L'être humain est libre et responsable de suivre cette voie avec sincérité ou de s'en détourner.

2e principe : le déni de la réalité

Le deuxième principe du postmodernisme est le déni de la Réalité. Il n'y a pas de Réalité ultime derrière les choses. Nous ne percevons le monde qu'à travers le filtre de notre position dans le temps, de notre culture et de notre contexte. Dénoncer des « fake news », c'est toujours reconnaître une vérité objective. Mais le postmodernisme va plus loin : il tend vers la « post-vérité », c'est-à-dire la déconstruction, la délégitimation et dévalorisation de tout discours qui prétendrait être vrai. Car si tout n'est qu'interprétation, alors les faits eux-mêmes deviennent discutables et négociables. Un politicien peut nier une vidéo prouvant ses mensonges en disant simplement « c'est votre interprétation ». L'islamophobie massive peut être niée simplement en disant « c'est votre impression ». On peut accuser n'importe qui d'« antisémitisme » au nom du fait que « c'est comme ça que je l'ai ressenti et interprété, donc c'est de l'antisémitisme ». Tout n'est plus qu'interprétation. Tout peut être nié ou défendu au nom d'une interprétation. Et pourtant, toutes les interprétations ne se valent pas : certaines se disent « vraies » tout en étant dans le déni de la réalité.

3e principe : le triomphe du simulacre

Le troisième principe est la simulation. Jean Baudrillard décrit la simulation comme un monde où la distinction entre l'image et la réalité matérielle est perdue. La vie sociale n'est plus régulée par la réalité, mais par des simulations, de pures images et des représentations.

Par exemple, si nous regardons Instagram, combien de vies « parfaites » y sont exposées alors que la réalité est tout autre ? Les filtres, les mises en scène, les mensonges par omission… : nous vivons dans un monde où l'image compte plus que le fond. Baudrillard identifie quatre phases : l'image reflète d'abord une réalité fondamentale, puis elle masque et pervertit cette réalité, ensuite elle masque l'absence de réalité, et finalement elle n'a plus aucune relation avec aucune réalité que ce soit ; elle est son propre simulacre pur.

Il devient vain de chercher la « réalité » dans ce monde de pure simulation, car nous ne pouvons plus distinguer le réel de l'artificiel. Par exemple, les influenceurs qui vendent des modes de vie inaccessibles pour la plupart, aux marques qui créent des besoins artificiels inaccessibles pour la plupart, aux politiciens qui gouvernent par des tweets plutôt que par des politiques concrètes. Nous sommes submergés par les simulacres.

4e et 5e principes : l'insignifiance et le doute perpétuel

Le quatrième principe est le sentiment de l'insignifiance : sans Vérité et Raison, toute connaissance devient impossible, et la Réalité est noyée dans l'insignifiance. Le cinquième principe est le doute qui génère une condition perpétuelle de scepticisme et d'incertitude.

Le texte illustre ce doute par plusieurs exemples d'actualité : la rumeur sur l'épouse du président Macron (« où est la vérité ? peu importe puisqu'on ne peut pas la connaître »), la négation ou la relativisation de l'extermination des Palestiniens par Israël (« est-ce un génocide ? y a-t-il autant de morts ? ce sont des informations du Hamas ; on ne vous dit pas toute la vérité »), et l'amalgame entre islam, islamisme et terrorisme (nier le lien serait de la « taqiyah » ; si les musulmans se taisent ou si on ne leur donne pas la parole, c'est suspect ; s'ils s'expriment, c'est un « double discours » ; conclusion : « il y a quelque chose de pas net avec les musulmans »). L'auteur note que, dans la vie quotidienne, dans les médias libres et sur les réseaux sociaux, les musulmans s'expriment clairement à ce sujet, mais qu'on ne les entend pas.

Résultat ? Une génération perdue dans la confusion, l'incertitude et l'indécision. Elle est en quête de sens mais incapable de le trouver parce qu'on lui a appris qu'aucun sens n'existe vraiment. Mais si chacun s'invente le sens qu'il veut donner à sa vie, à quoi ça sert de se mentir à soi-même ? Les taux de dépression et d'anxiété explosent, particulièrement chez les jeunes. Est-ce un hasard ?

Paradoxalement, ce mouvement célèbre la diversité et la multiplicité. Il met l'accent sur la diversité des ethnies, des cultures et des genres. Le postmodernisme cherche à démolir toute notion selon laquelle un type de personne devrait être privilégié par rapport aux autres. Il n'y a pas d'essence de l'être humain, il n'y a pas de nature humaine stable et commune, mais il n'y a que des personnes qui « se développent », qui évoluent selon leurs choix et leurs orientations individuelles. Mais cet éloge ostentatoire de la diversité cache-t-il une réalité plus sombre ?

Un produit du colonialisme

Voici le cœur de l'argument de Sardar : malgré son éloge ostentatoire de la diversité, le postmodernisme est une forme avancée de domination occidentale car il est intrinsèquement un produit du colonialisme. C'est une expansion exponentielle du colonialisme et de la modernité.

Comment ? En sapant les critères de réalité et de vérité de l'Autre, l'Occident peut justifier la poursuite de son expansion et de sa domination. Si toutes les vérités se valent, si toutes les cultures sont égales mais en même temps interchangeables et sans substance propre, alors pourquoi pas adopter le modèle occidental qui, lui, a la puissance économique, médiatique et militaire ? Si un pays refuse d'adopter la vision du monde, le mode de vie et le système occidental dans tous les domaines de la pensée et de la vie, n'est-ce pas la preuve d'une marque d'intolérance et de manque d'« ouverture à la diversité occidentale » ? Auquel cas, l'Occident n'a-t-il pas raison de dominer un tel pays ? Si une culture rejette l'idée que l'homosexualité est un choix aussi « normal » et bon qu'un autre, alors l'Occident n'a-t-il pas raison de diffuser ses « Lumières » dans le monde ?

Qui profite vraiment du pluralisme postmoderne ?

Le pluralisme postmoderne n'est pas universel, mais impose les choix d'une minorité occidentale qui a le pouvoir de les imposer à tous, en Occident comme ailleurs. Pour les cultures non-occidentales, le postmodernisme ne leur offre même pas le luxe de choisir de ne pas être dominés, ce qui concerne les quatre cinquièmes de la population mondiale.

Exemple concret : dans les pays occidentaux, on peut choisir son genre, son mode de vie, sa « vérité ». Mais qu'en est-il des milliards d'êtres humains qui n'ont même pas accès à la vraie indépendance politique vis-à-vis des puissances occidentales, à l'eau potable, à l'éducation, à la sécurité ? Ainsi, la valorisation occidentale postmoderne de « la liberté de choisir » exclut en fait des milliards d'êtres humains dans le monde qui n'ont pas choisi de se faire dominer et de se faire dépouiller des richesses naturelles, au point de vivre dans la pauvreté ou dans la difficulté de gagner sa vie ; qui n'ont pas choisi de se faire imposer les choix de valeurs de l'Occident ; qui n'ont pas choisi de se faire imposer la vision matérialiste occidentale de la religion ; qui n'ont pas choisi de se faire imposer la dictature, le pro-occidentalisme et le terrorisme comme les trois courants colonisent la scène publique dans les pays musulmans ; qui n'ont pas choisi de se faire imposer la culture, la publicité, le cinéma, les sciences occidentales, à l'exclusion de son propre héritage culturel et scientifique.

Pour ces milliards d'êtres humains, le postmodernisme n'est qu'un luxe inaccessible, une philosophie de bourgeois, voire un double discours hypocrite.

La valorisation ostentatoire de la diversité ne fait que cacher une idéologie minoritaire et particulière, celle d'une classe eurocentrique qui est dans un rapport cannibale avec l'Autre et avec la nature. Le postmodernisme devient l'alibi suprême pour l'exploitation et l'oppression continues des cultures non occidentales.

Le cynisme comme arme de domination

Le postmodernisme perpétue le barbarisme contre l'Autre comme routine quotidienne. Cette ambivalence morale et politique suggère la capacité à voir toutes les facettes d'une situation sans jugement ni obligation d'agir.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, le monde regarde l'extermination des Palestiniens par Israël, commente sur Twitter, « envoie des pensées et des prières », mais rien ne change fondamentalement. Les dirigeants des pays européens et l'OTAN multiplient des déclarations, des promesses ou des appels à « la paix » ou encore à « stopper le massacre », tout en continuant à financer, à fournir des armes et à relayer massivement la propagande israélienne.

L'absence de vérité morale absolue permet de justifier l'inaction. Après tout, « c'est compliqué », « qui sommes-nous pour juger ? », « il y a des torts des deux côtés »… Autant de phrases qui paralysent l'action éthique.

L'islam, au contraire, est une sagesse universelle qui initie au discernement entre le bien et le mal dans le but que chacun puisse exercer sa responsabilité morale activement, dans toutes les situations de la vie. Le prophète a dit :

> « Celui d’entre vous qui voit un mal, qu’il le change avec sa main. S’il ne peut pas, avec sa langue. Et s’il ne peut pas, alors avec son cœur, et ceci est le plus faible degré d’adhésion à la voie de Dieu. »

> من رأى منكم منكرا فليغيره بيده . فإن لم يستطع فبلسانه فإن لم يستطع فبقلبه وذلك أضعف الإيمان

> Ḥadīth rapporté dans le Ṣaḥīḥ Muslim

Pas d'ambivalence, pas de cynisme : face à l'injustice, l'être humain a la responsabilité d'agir par tous les moyens bons et efficaces possibles.

Le nouveau visage du pouvoir

Dans le monde postmoderne, le pouvoir n'est plus principalement politique ou militaire, mais est désormais concentré dans les mains de quelque 200 multinationales mondiales. Les dirigeants politiques occidentaux ne sont souvent que des « leurres pour le pouvoir cynique » qui s'exerce en réalité dans les couloirs des multinationales.

Amazon, Google, Facebook, Apple, Microsoft… Ces géants technologiques ont plus de pouvoir que bien des États. Ils définissent ce que nous voyons, ce que nous ressentons, ce que nous pensons, comment nous nous comportons. Leurs algorithmes façonnent la réalité plus efficacement qu'aucun empire colonial ne l'a jamais fait.

Et le postmodernisme est le cadre idéologique parfait pour légitimer ce pouvoir : pas de vérité absolue à défendre, pas de moralité contraignante, juste le marché, les choix individuels et la consommation infinie.

De la colonisation territoriale à la colonisation culturelle

Le désir postmoderne n'est plus de coloniser la terre, mais d'absorber et de consommer l'Autre. L'Autre est réduit à des « consommables » et une ressource pour réaliser le plein potentiel de l'Occident. Autrefois, on colonisait les terres et exploitait les ressources naturelles. Aujourd'hui, on colonise les imaginaires et on exploite les cultures.

L'histoire falsifiée par le divertissement

La culture populaire postmoderne utilise l'histoire comme un « pastiche » pour ses propres objectifs. Le film d'animation Pocahontas de Walt Disney illustre parfaitement la façon dont le postmodernisme traite l'histoire de l'Autre. L'histoire est utilisée pour transformer l'Autre – Pocahontas – en une icône moderne du féminisme « émancipé ». Le film réécrit l'histoire pour confirmer la domination américaine et affirmer l'idéologie de la Pax Americana. L'histoire tragique d'une jeune fille amérindienne devient une histoire d'amour romantique qui justifie implicitement la colonisation. Les massacres, les vols de terres, les génocides sont édulcorés, oubliés, transformés en conte de fées.

De la même manière, les films Marvel placent des personnages « diversifiés » dans des récits qui, fondamentalement, célèbrent toujours la puissance militaire américaine et le capitalisme. La diversité de façade masque une uniformité idéologique profonde.

Ce processus est baptisé « divertissement éducatif » (edutainment), où l'histoire, la culture et la civilisation sont caricaturées et falsifiées pour mettre en valeur l'hégémonie occidentale. Netflix et les plateformes de streaming sont aujourd'hui les principaux vecteurs de ce phénomène. Elles produisent des contenus « diversifiés » qui donnent l'illusion de représenter toutes les cultures, mais qui en réalité les diluent dans un format standardisé occidental.

La marchandisation des cultures

Le postmodernisme promeut un pluralisme superficiel en transformant les cultures en marchandises. Les produits et expériences des « Autres cultures » sont recyclés et exportés vers l'Occident comme des « ingrédients bruts ».

Par exemple, le yoga, pratique spirituelle millénaire indienne, est transformé en séances de fitness à 30 euros. Le « Buddha Bowl » vendu dans les cafés branchés. Les tapis berbères vendus chez H&M Home. La chaîne The Body Shop commercialise l'attrait pour l'exotisme et l'Autre ethnique. Le beurre de karité traditionnel africain, utilisé depuis des siècles par les femmes africaines, est extrait, transformé en cosmétique occidental, puis revendu… aux femmes africaines, plus cher et dépouillé de son contexte culturel, comme un produit « occidental ».

Dans ce système, la différence culturelle est une marchandise réduite à un « Autre culturel » qui peut être assimilé et approprié. Le tourisme postmoderne traite également l'Autre comme un objet de consommation, en recherchant des « produits artisanaux authentiques », tout en réduisant les traditions à de simples spectacles.

Les safaris humains en Amazonie, les visites de bidonvilles à Mumbai, les « expériences authentiques » soigneusement mises en scène au Maroc… Le tourisme postmoderne consomme la pauvreté et l'altérité comme un spectacle.

L'individualisme occidental poussé à l'extrême

L'individualisme est considéré comme « le fondement absolu » de la démocratie libérale occidentale. Dans ce cadre, la société est définie comme la somme des individus autonomes, où l'individu est présumé antérieur à la société. « Sois toi-même », « Fais ce que tu veux », « Ton bonheur d'abord », « Personne ne peut te juger »… Ces mantras individualistes saturent nos fils d'actualité. Mais à quel prix ?

Selon la vision postmoderne, on est tous totalement autonome, libre de toute obligation envers les autres. Ma seule responsabilité est envers moi-même et mon propre bonheur. Résultat ? Des sociétés atomisées où chacun est isolé dans sa bulle, où les liens communautaires s'affaiblissent, où la solitude devient épidémique. Les taux de suicide augmentent, les familles se fragmentent, les voisins ne se connaissent plus.

Les droits sans responsabilités : une liberté illusoire

L'Occident se concentre sur les droits de l'individu, tandis que les cultures non-occidentales, en particulier l'Islam, mettent l'accent sur les droits de l'humanité combinés à des responsabilités. Dans la perspective islamique, il n'y a pas de droits sans devoirs : l'individu a la responsabilité de contribuer à la justice et de s'engager au service de la vie en communauté. Concrètement, cela signifie que ma liberté s'accompagne de responsabilités : envers Dieu, ma famille, ma communauté, l'humanité et la création.

Le postmodernisme, lui, rejette toute base absolue de moralité et rejette toutes les responsabilités, insistant sur la liberté totale de l'individu. Ironiquement, cette liberté individuelle poussée à l'extrême peut mener à l'oppression de l'individu. Car sans cadre moral, sans but transcendant, sans communauté solidaire, l'individu « libre » devient en réalité esclave : esclave des multinationales, de ses passions, de la consommation, des modes, de l'anxiété existentielle.

Le postmodernisme, avec son relativisme absolu et son obsession pour la consommation de l'Autre, n'est pas une libération de la modernité. C'est plutôt une continuation de la domination coloniale sous des formes différentes et totales. En vidant le monde de toute vérité universelle et de tout sens moral, il crée un univers perpétuellement ambigu où le pouvoir cynique des multinationales domine sans contestation légitime possible.

Pour les peuples non-occidentaux, et particulièrement pour les musulmans, la libération réside dans la capacité à se défaire de la « camisole de force idéologique de la modernité et du colonialisme » et à affirmer leurs propres visions alternatives de la vie.

Cette alternative n'est pas un repli frileux ou un rejet de l'universel. Au contraire, c'est proposer au monde une vision où :

  • La vérité existe et peut être cherchée collectivement
  • La réalité a un sens profond et n'est pas qu'un jeu de simulacres
  • Les droits s'accompagnent de responsabilités
  • L'individu s'épanouit au sein d'une communauté solidaire
  • Les cultures sont respectées dans leur authenticité, pas consommées comme des marchandises
  • La justice morale n'est pas relative mais exigible

Le Coran nous rappelle (2:143) : « Et c'est ainsi que Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu, afin que vous soyez témoins pour les gens ».

Ce « juste milieu » (ummatan wasatan) n'est-il pas exactement ce dont notre monde a besoin face aux extrêmes du postmodernisme ? Ni le dogmatisme rigide de la modernité, ni le relativisme dissolvant du postmodernisme, mais une troisième voie : enracinée dans une vérité et une sagesse révélée, ouverte au dialogue.

Dans un monde postmoderne qui nie toute réalité, l'islam offre un ancrage : cette troisième voie consiste à retrouver le sens de la réalité : reconnaître la réalité de Dieu comme Créateur de tout ce qui existe, comme cause première et organisateur permanent de la vie dans le cosmos, comme source supérieure de vérité, de bien, de sagesse et de valeurs pour la vie de l'être humain (Tawhid). Cette réalité fondamentale implique que la vie a un sens, que la réalité du monde peut et doit être connue, que la vie est bonne et innocente par nature, que le bien et le mal peuvent être distingués, que nous pouvons transformer notre personne et notre monde pour les rendre meilleurs, que la justice est réelle et nécessaire, dans la vie présente et dans la vie dernière. À partir de cette réalité fondamentale, toutes les choses de la vie, qu'elles soient petites ou grandes, prennent une tout autre signification.

La question n'est donc plus : le postmodernisme est-il une nouvelle liberté ou un impérialisme masqué ? La réponse est claire. La vraie question est : qu'allons-nous faire de cette prise de conscience ? Comment allons-nous, concrètement, dans nos vies quotidiennes, résister à cette force d'assimilation et affirmer nos propres visions d'une société plus juste, plus authentique, plus humaine ? La réponse commence aujourd'hui, avec chacun d'entre nous.

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